Rupture amiable, période d'essai, indemnités de licenciement... les nouveautés de la loi de modernisation du marché du travail n°2008-596 du 25 juin 2008
1) Conclusion du contrat de travail
a) Forme du contrat de travail
Le contrat à durée indéterminée devient la forme normale et générale de la relation de travail.
Le contrat nouvelle embauche est supprimé. Les CNE conclus à la date d’entrée en vigueur de la loi sont requalifiés en contrat à durée indéterminée de droit commun.
Un nouveau contrat à durée déterminée d’une durée minimale de 18 mois et maximale de 36 mois est introduit pour le recrutement d’ingénieurs et de cadres. Ces conditions de mise en oeuvre dépendent des accords de branche.
b) Période d’essai
La période d’essai maximale est de :
- deux mois pour les ouvriers et les employés
- trois mois pour les agents de maîtrise et les techniciens
- quatre mois pour les cadres
Cette période d’essai peut être renouvelée une fois si un accord de branche étendu le prévoit. Dans cette hypothèse, la durée totale, renouvellement inclus, de la période d’essai ne peut excéder :
- quatre mois pour les ouvriers et les employés
- six mois pour les agents de maîtrise et les techniciens
- huit mois pour les cadres
Le stage réalisé lors de la dernière année d’étude doit être déduit de la période d’essai jusqu’à concurrence de la moitié de la période d’essai.
En cas de cessation du contrat en cours ou à l’issue de la période d’essai l’employeur doit prévenir le salarié à l’avance :
- 24 heures pour moins de huit jours de présence
- 48 heures pour moins d’un mois de présence
- Deux semaines après un mois de présence
- Trois semaines après trois mois de présence
Le salarié quant à lui a un délai de prévenance de 48 heures (24 heures en cas de présence inférieure à 8 jours).
c) Information des représentants du personnel
Le CE ou les délégués du personnel doivent être informés annuellement sur le recours aux contrats à durée déterminée, à l’intérim ou au portage salarial.
2) Rupture du contrat de travail
a) Indemnités légales
Alignement des indemnités dues en cas de licenciement pour motif personnel ou pour motif économique. Un décret doit en fixer le montant.
L’indemnité est due dès un an d’ancienneté (au lieu de deux précédemment).
b) Solde de tout compte
Le solde de tout compte doit mentionner l’inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat de travail. Sa dénonciation doit intervenir dans les six mois de la signature ; au-delà il devient libératoire pour l’employeur pour les sommes qui y sont mentionnées.
c) Introduction de la rupture amiable
Un nouveau mode de rupture du contrat de travail est introduit. Le salarié et l’employeur pourront ainsi mettre fin d’un commun accord au contrat de travail à l’issue d’entretiens au cours desquels le salarié et l’employeur peuvent être assistés par une personne de l’entreprise ou un conseiller extérieur.
Le montant des indemnités versées au salarié à l’occasion de cette rupture amiable ne peut être inférieur à l’indemnité légale.
Une convention écrite doit être conclue et les parties ont un délai de quinze jours pour se rétracter. La convention doit faire l’objet d’une homologation par l’autorité administrative (sans précision) et un arrêté doit fixer le modèle de la demande d’homologation. L’homologation est réputée acquise au bout de quinze jours. La date de rupture du contrat de travail ne peut intervenir avant le lendemain du jour de son homologation. Un recours contre la convention et l’homologation peut être introduit devant le Conseil de Prud’hommes dans un délai maximal de douze mois à compter de la date de l’homologation.
Les salariés protégés peuvent également bénéficier de la rupture amiable. L’homologation est portée devant l’inspecteur du travail. La rupture du contrat de travail n’intervient que le lendemain de l’autorisation de l’inspecteur du travail.
3) Divers
Désormais les salariés avec une ancienneté de une année (au lieu de trois ans précédemment) pourront bénéficier d’une indemnité complémentaire à l’indemnité journalière en cas de maladie ou d’accident.
Le portage salarial fait désormais l’objet d’une définition légale. |