Le projet de loi de modernisation de l'économie déposée à l'Assemblée Nationale le 28 avril 2008 sous le n°842 vise à simplifier la création et la vie des SARL et des SAS. Il envisage également des modifications fiscales quant aux droits d'enregistrement applicables aux cessions d'entreprise (cession d'actions et/ou de parts sociales et cession de fonds de commerce).
1) Les SARL
Les SARL dont l'associé unique est également le gérant seraient dispensées de la formalité d'insertion au BODACC ainsi que du dépôt du rapport de gestion au greffe du tribunal de commerce; ce dernier devant être teni à la disposition de toute personne qui en fait la demande.
Le projet de loi envisage également pour les associés d'introduire dans les statuts la possibilité de tenir les assemblées par visioconférence ou par télécommunication, à l'exception des assemblées statuant sur les comptes. Un décret devra en préciser les conditions d'applications.
2) Les SAS
Le projet de loi prévoit la possibilité, comme pour les SARL, d'émettre des actions résultant d'apports en industrie qui ne concourent pas à la formation du capital mais donnent vocation aux bénéfices, à charge de contribuer aux pertes. Ces actions seraient inaliénables et ne pourraient excéder une durée de 10 ans.
Les associés d'une SAS pourraient déterminer librement le montant du capital. Serait donc supprimée l'obligation de réunir un capital minimum de 37.000 euros. De même, la nomination de commissaires aux comptes ne serait plus systématique mais dépendrait de la réunion de critères équivalents à ceux de la SARL (total du bilan, montant HT du chiffre d'affaires et nombre de salariés). Les SAS qui détiendrait une participation au moins égale à 5% du capital ou des droits de vote d'une autre société devraient également nommer un commissaire aux comptes. Enfin, et même si les conditions ci-dessus ne sont pas réunies, un ou plusieurs associés représentant au moins le dixième du capital pourraient demander en justice la désignation d'un commissaire aux comptes.
3) Dispositions fiscales communes
Le projet de loi envisage la possiblité pour les SARL, les SAS et même les SA dont les titres ne sont pas cotés et dont le capital et les droits de vote sont détenues à hauteur de 75% au moins par une ou plusieurs personnes physiques et à hauteur de 34% au moins par une ou plusieurs personnes dirigeant la société, d'opter pour le régime fiscale des sociétés de personnes. Les associés pourraient ainsi imputer d'éventuels déficits immédiatement sur leur propre revenu et ne plus attendre que la société devienne bénéficiaire pour les imputer sur son résultat.
Les conditions d'éligibilité sont les suivantes:
- la société exerce à titre principal une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, à l'exclusion de la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier; - la société emploie moins de 50 salariés et a réalisé un CA annuel ou a un total de bilan inférieur à 10 M d'euros; - la société est créée depuis moins de cinq ans.
L'option ne peut être exercée qu'avec l'accord de tous les associés. Elle doit être notifiée au service des impôts auprès duquel est sosucrite la déclaration de résultats dans les trois premiers mois du premier exercice au titre duquel elle s'applique. L'option est valable pour une période de cinq exercices.
Le projet de loi prévoit également d'harmoniser les taux de cession des actions et des parts sociales avec un taux commun de 3% du prix de cession (avec un plafonnement à 5.000 euros par mutation pour les actions et le maintien de l'abattement égal au rapport entre 23.000 euros et le nombre total de parts pour les parts sociales)
Le taux de cession des fonds de commerce serait également modifié comme suit:
- Fraction n'excédant pas 23.000 euros : 0 euros - Fraction comprise entre 23.001 euros et 107.000 euros : 2% - Fraction comprise entre 107.001 et 200.000 euros : 0,60 % - Fraction supérieure à 200.001 euros : 2,60% |